Pour moi, bien gagner sa vie, ce n’est pas avoir un gros salaire. C’est ce qui reste à la fin du mois.

Après toutes mes dépenses. Y compris les impôts.

Parce que c’est cette épargne qui m’aide à me sentir libre.

J’ai jamais eu envie de faire attention à ce que je dépense parce qu’il n’y a pas assez à la fin du mois.
J’ai juste envie de réaliser mes projets sans me priver.

J’ai toujours dépensé sans réfléchir. Même quand je gagnais le smic. Mais j’ai toujours fait mes budgets pour savoir combien je dépensais.

“Bah oui, c’est la base, faut toujours faire ses budgets !”

Oui, sauf qu’en fait, ça ne m’empêchait pas de dépenser. Regarde, dès que mon salaire a augmenté, mes dépenses ont fait pareil ! C’est comme si j’avais desserré ma ceinture et que mon bide avait explosé.
 Graphique montrant la corrélation entre les dépenses revenus d'un budget
Faire son budget pour mieux épargner, ça ne suffit pas ! Ce n’est que la première étape.

Quand je suis devenue acheteuse professionnelle, j’ai compris que j’avais un très gros potentiel pour épargner encore plus, peu importe ce que je gagnais, et sans perdre en qualité.

Pourquoi ?
Parce que tout à coup,  j’ai appris une méthode. Une stratégie. Des moyens d’agir.
Tout à coup, je me suis rendue compte que je ne savais pas gérer mon fric.
Et j’ai compris que ce que je faisais au boulot, je pouvais le refaire en très grande partie pour moi.

 

Alors je me suis lancée.
Résultat : en 3 ans, j’ai dépensé en moyenne 2500 Euros de moins que mes dépenses de l’année précédente tous les ans.
Ça fait 7500 Euros en 3 ans.

 

Et ça, ce n’est pas mon épargne totale. C’est ce que j’ai évité de dépenser en plus chaque année.

Comment j’ai fait ?

Première année : A la poubelle les dépenses inutiles !

La première année, j’ai analysé mes comptes sérieusement pour la première fois… pour me rendre compte que je ne pouvais pas le faire jusqu’au bout !

J’avais plus de 4000 Euros de dépenses non catégorisées. En gros, j’avais un très gros paquet de retraits au distributeur. Me demande pas ce que j’ai acheté, j’en sais toujours fichtre rien !

Alors j’ai pris la décision de catégoriser tout ce que je dépensais. Total contrôle.

Rien que ça m’a permis, au fur et à mesure des mois qui passaient, d’arrêter de foutre en l’air mon fric.

Juste parce que j’ai pris conscience de tout ce que j’achetais.

Et j’en ai acheté de la merde. Des saloperies à bouffer. Des objets aussitôt achetés, aussitôt rangés, et surtout, mais surtout, jamais utilisés. Des soirées chiantes pour faire plaisir à des gens dont j’ai oublié le nom 2 semaines après…

Bref.

Par contre, je vais pas le cacher, les dépenses “cachées”, ça s’arrête pas du jour au lendemain.
Il a fallu à chaque fois que j’achetais quelque chose que je me pose la question : “est-ce que j’en ai vraiment besoin ?“.
Il a fallu que j’arrête de me mentir en pensant que si si, j’allais vraiment m’en servir… un jour…
Il a fallu que j’assume ce que je voulais vraiment et ce qui me faisait vraiment plaisir.
Et des fois, je craquais. J’achetais quand même.

On est humain, quoi. C’est pas grave. Faut juste que ce soit une exception, pas une habitude.

Mais petit à petit, j’ai vachement réduit. Si bien que je n’ai plus aucune dépense cachée aujourd’hui. En plus, j’ai tellement pris l’habitude, que c’est devenu un petit jeu maintenant. Ouais, je confirme, on peut se taper des barres en épargnant ses sous.

Deuxième année : On taille dans le gras

La deuxième année, j’ai continué d’éviter les petites dépenses. Parce que c’était devenu fun, et puis aussi parce que ça marche d’enfer.

 

Et puis, j’ai surtout fait de la liposuccion de budget. Un bon gros coup dans le lard.
C’était une psychothérapie que j’avais bien entamée depuis 2 ans.

 

“Oh mais c’est du luxe ça ! Y a pleins de gens qui peuvent même pas se le permettre. C’est trop facile de couper une dépense comme ça.”

 

Tu savais que c’était remboursable selon le type de psy que tu vas voir ? Et que le psy peut s’adapter aux situations financières de ses patients ? Ça te ferait pas de mal d’y faire un tour aussi d’ailleurs, parce que t’as forcément des problèmes à résoudre, même si tu le sais pas.

 

Bref, c’est pas le sujet. Dans mon cas, c’était devenu une bonne grosse habitude au fil des semaines. Même si j’avais plus rien à dire. Même si j’avais réglé ce que j’avais à régler. Ça me coûtait 240 Euros par mois. C’est 2880 Euros par an, quoi ! Fallait arrêter l’hémorragie dans le portefeuille !

 

Ça m’a pris deeees semaines pour terminer tout ça. Je me suis lancée un jour sans réfléchir. Parce que plus je réfléchissais, et moins j’allais m’y mettre. J’ai dit que je ne voulais pas reprendre de rv mardi prochain. C’est comme si je venais de me faire larguer ! C’était super dur. Je ressentais le manque tous les mardis. C’est juste que je savais pas quoi faire à la place, dans le fond. Alors, je me suis accrochée à mon gain : 2880 Euros par an quand même ! Et j’ai pris de nouvelles habitudes. Pour passer à autre chose.

 

“Ouais, ben je trouve quand même que c’est une dépense de gros riche !”

 

Ah, mais on a tous un “petit” luxe en plus qui consume nos comptes bancaires. Tu veux des exemples ?

En voilà d’autres, sans chiffres, parce que là, c’est juste pas possible d’en donner :

  • Si tu t’achètes une grosse Berline ou un sac Vuitton parce que ça en jette grave et que depuis tout petit c’était ton rêve
  • si tu te payes des hôtels de luxe en vacances parce qu’il n’y a que comme ça que tu peux te reposer et le premier qui t’en empêchera aura à faire à toi
  • Si tu es fan de de Beyoncé, Marc Hamill ou de n’importe qui d’autre en fait, et que tu vas à tous ses concerts / collectionnes la moindre connerie en plastique ou la énième édition collector avec son nom dessus…

 

bref, si t’as une dépense non obligatoire que tu te permets, pour le plaisir, parce que merde, il faut bien vivre quoi, bah t’es dans le même cas que moi. C’est pas un jugement. C’est juste la vie. La question à se poser, c’est : qu’est-ce ça t’apporte vraiment par rapport à l’argent que tu dépenses pour ça ? 

Troisième année : Relooking de budget

Cette année-là, en gros, comme j’étais bien lancée, j’ai revu toute ma façon de consommer.

 

Je voulais gagner en qualité dans mon mode de vie. J’ai jamais su faire la cuisine. Je bouffais des corns flakes matin et soir, et des pâtes et de la viande rouge quasiment tous les jours.
Ou j’allais au restaurant. Souvent.
Parce que j’avais juste une flemme aiguë de me faire à manger.
Mon appartement et ma salle de bain étaient remplis de produits ultra toxiques et d’objets que je n’utilisais jamais.

 

C’est en travaillant dans les achats d’emballages de produits cosmétiques et alimentaires que j’ai commencé à comprendre qu’il fallait que je bazarde tout et que je reprenne tout à zéro.
A l’époque, j’étais à la botte du marketing.
J’ai participé à la création de produits franchement dégueulasses pour la santé ou l’environnement.
Et je trouvais ça cool.

 

J’ai commencé à faire des recherches. D’abord sur la cosmétique. Puis sur la nourriture. Puis sur les déchets d’emballage.

Et plus j’apprenais, plus j’avais envie de tout jeter chez moi. Il fallait prendre une décision : fini les produits toxiques. Les pesticides. Les plats préparés avec additifs dégueulasses. Les produits jetables. Et ceux dont je ne comprends même pas la liste des ingrédients.

 

J’ai revu toutes mes habitudes. J’ai appris à comprendre ce que j’achetais. J’ai fini tous mes stocks. Et j’ai tout racheté ailleurs. Je sortais seulement quand je l’avais décidé ou organisé.

J’ai testé de nouveaux magasins et circuits de consommation. Produit par produit. Ça m’a pris du temps.

J’ai pas réussi à tout changer. C’était trop dur des fois. Ou bien j’ai pas trouvé d’alternative qui m’allait.

 

Mais une fois les nouvelles habitudes mises en place, j’avais quand même réussi à changer vers le mode de vie que je voulais. Et j’avais gagné 2500 Euros au passage.

Que retenir de cette expérience ?

C’est facile de faire des petits gains ici et là. Et ça ne coûte rien.

Mais c’est un travail, au moins au départ, de gagner plus d’argent en dépensant mieux. Ça prend du temps. Mais ça marche, regarde :

 Graphique de réduction de dépenses

J’ai changé. Mais je n’ai pas subi ce changement. Parce que j’ai compris que parfois, on peut pas baisser les coûts, parce qu’on est au plancher. Alors faut essayer autre chose.

Qu’est ce que jai fait avec ces 7500 Euros ?
L’argent que j’ai gagné, aujourd’hui, je le place dans 2 budgets, les seuls qui ont de l’intérêt pour moi :
– les voyages : un des seuls loisirs qui m’intéressent vraiment (avec le blogging, mais ça, ça coûte moins cher)
– l’indépendance financière : cet argent me sert d’apport ou de trésorerie pour mes investissements immobiliers
Et maintenant ?
J’ai atteint 2 objectifs personnels :
  • réduire mes dépenses quasiment au même niveau que quand j’étais étudiante (je compte pas les impôts)
  • me prouver avec des chiffres qu’on pouvait épargner plus d’argent en améliorant sa qualité de vie
Tu vas quand même pas croire que ça se finit comme ça ?
J’ai même pas entamé la renégociation de mes contrats d’abonnement.
Je suis pas encore passée aux énergies renouvelables.
J’ai même pas essayé d’analyser ma consommation énergétique.
Alors je me suis donné de nouveaux objectifs persos pour 2017 dont je partagerai l’évolution sur ce blog :
  1. réduire encore mes dépenses sans me priver en revoyant tous mes coûts fixes
  2. Réduire mon empreinte environnementale au maximum sans que mes coûts augmentent

J’ai créé un compteur pour tracer cette évolution, comme ça, tu peux voir mon évolution, petit voyeur.

Je me suis aussi donné un dernier objectif lié à ce blog :
3. partager mes méthodes et outils d’acheteuse (va voir sur la page à propos, j’en parle un peu plus) avec les lecteurs de ce blog.

Y’a du boulot alors si tu aimes l’idée, si tu veux partager, encourager la continuation du blog, inscris-toi à la newsletter, sur facebook ou twitter pour continuer à suivre tout ça ! Moi, ça me motive pour continuer et te proposer du contenu de qualité.

Ah, et aussi, dis-moi dans les commentaires si tu as envie d’épargner plus et si tu as des difficultés pour y arriver.