Le processus d’achats

C’est les soldes ! Tu as décidé d’en profiter pour acheter quelque chose. Disons… un pantalon. Ou un nouveau téléphone. De l’électroménager. N’importe quoi. Un produit de consommation lambda.

Et là, y a quelque chose qui se déclenche. 

Tu penses que t’en as besoin. Pas de problème. Du coup, ton cerveau se réveille. Il met en branle tout un système. Il va lancer des actions que tu vas effectuer inconsciemment pour faire tes achats.

Typiquement, ça va ressembler à ça :

D’abord, tu fais le tour des magasins ou des sites internet que tu connais pour regarder ce qui existe. T’as confiance, c’est cool, t’es en zone de confort total.

Tu choisis ensuite des trucs qui te plaisent au hasard. Et si on te demande pourquoi, tu répondras « Parce. Ça me plaît, c’est tout. Y’a pas d’explication, c’est comme ça. Arrête de me poser des questions débiles ! »

Tu regardes les prix. Et t’as tendance à aller vers celui qui est ni trop cher, ni trop « premier prix ». Comme ça, tu te convaincs toi-même que ton achat est raisonnable et pas trop pourri en même temps.

Tu te donnes une limite de budget calculée au doigt mouillé. Parce que t’as vu une gamme de produits déclinée entre 20 Euros et 70 Euros, tu vas te dire « Hum bon, ok, je dépasse pas les 49,50 Euros », alors qu’en fait, tu peux te permettre que 30 balles, mais bon, comme t’as pas regardé tes comptes avant, t’en sais rien.

Tu regardes les fonctionnalités. Quand c’est un peu technique, tu zappes vite, parce qu’en fait, tu comprends que dalle à ce qui est écrit. Et tu vas quand même pas poser trop de questions au vendeur pour passer pour un con !

Tu regardes si ça te plaît. Quand même, c’est vachement important. Si c’est moche, même si tout le reste te va, tu vas quand même pas te balader avec ???

Tu regardes la qualité, un peu. Pas trop parce que tu sais pas trop sur quoi te baser. La matière ? L’origine ? Les labels ? Les avis des autres ? La réputation de la marque (qui, d’ailleurs, a aussi une gamme low cost dans une autre usine en Turquie, mais promis, juré, à part ça, c’est exactement le même produit) ? En fait, tu connais quelques trucs bien sûr, mais c’est pas hyper clair dans ta tête, alors tu décides un peu au pif.

Tu regardes pas trop le reste parce que « Ah bon, y’a d’autres choses à vérifier ? On me dit jamais rien à moi ! »

Quand c’est possible, t’essayes plusieurs produits pour te donner l’impression d’avoir le choix et d’être maître de ta décision.

D’ailleurs, en voyant ce super produit à côté, tu te dis que tu l’achèterais bien aussi, parce qu’il est :

–          super beau, même si tu sais toujours pas pourquoi

–          vachement pratique, et justement, une fois, il y a 6 mois, tu t’étais dit que t’en aurais besoin

–          ultra original, parfait pour exprimer ta personnalité qui l’est, bien évidemment, tout autant

–          trop tendance, tu vas trop rendre jaloux les potes

–          pile poil à ta taille et tu galères toujours parce que tu coupes jamais comme tout le monde

Tu finis par acheter ce que tu voulais (même si parfois le vendeur est plus convaincu que toi), ou au moins un truc qui s’en rapproche un peu. T’achètes même un peu plus parce que t’as craqué sur le produit complémentaire ou autre chose qui n’avait rien à voir.

Finalement, de retour à la maison, tu ranges ce que tu viens d’acheter. Tu l’essayeras après parce que là, faut faire à manger.

Ou tu attends la livraison de ta commande internet en espérant qu’elle ne sera pas en retard.

Et parfois tu l’oublies.

Ou t’es plus aussi enthousiaste qu’en magasin.

D’ailleurs cette veste ne te va pas si bien que ça en fait.

Le t-shirt que tu as pris en plus s’est délavé au premier lavage.

La machine à café est bien plus grande que ce que tu pensais quand tu regardes ta cuisine riquiqui.

Et en plus, tu vas jamais t’en servir parce que ton café, tu le bois juste au boulot depuis qu’ils ont une super machine Nespresso.

60 Euros par mois avec consommations illimitées à l’étranger pour avoir le dernier téléphone à la mode à 1 Euros, c’était peut-être pas nécessaire. Surtout que ton dernier voyage à l’étranger, c’était il y a 4 ans.

Si tu t’es reconnu dans 42% des cas (oui, ce chiffre est tout à fait arbitraire, mais t’as compris le principe), alors t’as de grosses chances de dépenser ton argent n’importe comment.

Pourquoi ?

1. Parce tu penses qu’il n’y a pas besoin de réfléchir pour faire tes achats. 

“Bah ouais on s’en fout quoi, je vais pas remettre en question toute ma vie à chaque fois que je vais faire du shopping !”

Non, t’as raison, tu ne devrais pas te chauffer les neurones à chaque fois. Ce que je t’ai décrit plus haut, ça s’appelle des automatismes. Et plus de 90% de nos actions sont inconscientes et automatisées ! C’est juste que c’est pas toujours les bons. Parce que comme ça fait pas partie de notre éducation d’apprendre à bien gérer ses dépenses, bah ton cerveau fait avec ce qu’il peut, avec ce que toi, tu sais. Tu fais de ton mieux, quoi.

Un petit changement d’habitude ici et là, ça te ferait pourtant tellement gagner.

Par exemple : pourquoi t’essaierais pas un tout nouveau magasin ? Celui où t’es jamais rentré, juste au coin de ta rue ? Peut-être que t’aimeras pas du tout. Ou que ce sera trop cher. Et peut-être que tu vas adorer. Qu’est-ce que ça te coûte à part un peu de temps, franchement ?

Une autre idée ? Ça sert pas à grand-chose de comparer du haut de gamme avec du standard à part te dire que tu peux pas te payer ce super aspirateur à 600 Euros. Ce qui est intéressant, c’est de comparer des pommes avec des pommes. La même fonction. La même origine. La même matière. Et quand c’est trop compliqué, t’as souvent des comparateurs en ligne tout faits, juste pour ça ! Et non seulement ils décortiquent tout, mais en plus, ça peut te permettre de mieux voir les fonctionnalités dont tu as vraiment besoin… ou pas.

Essaye de comprendre un peu plus pourquoi tu préfères tel produit plutôt qu’un autre. Si, si, je t’assure, il y a une raison. T’arriveras peut-être pas toujours à la trouver, mais l’intérêt, c’est que tu découvres des produits qui pourraient remplacer ceux que tu utilises. Moins chers. Meilleurs pour ta santé. Qui préserve l’environnement…
Bref.

Tu vois, quoi.

Je te donne un exemple ultra délire : mon copain prenait du fromage blanc tous les matins (je t’avais prévenu, c’est délire). Sauf qu’il l’achetait toujours dans des emballages non recyclables, ce qu’on veut faire disparaître de chez nous.  En réfléchissant, il a compris que c’était les protéines qui l’intéressaient, pour son sport.

Résultat : maintenant, il prend des œufs (bio bien sûr, faut pas déconner). Il y a 2 fois plus de protéines dans 1 œuf que dans une portion de fromage blanc. Le prix est grosso modo le même et très faible (moins de 2 Euros). Et on fait du compost avec le carton des œufs. Tout bénéf’.

 

 

2. Parce que tu achètes ce qu’on te dit d’acheter et pas ce que tu veux toi

Si t’as lu mon guide gratuit en t’inscrivant à la newsletter, tu sais qu’il y a un paquet de méthodes marketing qui impactent ta façon de penser… et d’acheter !

Tu te laisses influencer par le vendeur, l’agencement en magasin, les pubs, les soldes… en gros tu achètes ce qu’on te suggère fortement, même si tu soutiens mordicus que c’est toi et toi seul qui a pris la décision comme un grand.

 

“Ouais ben si c’que j’pense est faux, je fais comment, moi pour arrêter de me faire avoir ?”

Le meilleur moyen de combattre ça, c’est d’en prendre conscience. Une fois que tu connais les trucs des pros du marketing, tu peux essayer de les éviter. Petit à petit. Sur des trucs simple d’abord. Et quand tu vois que ça marche, tu continues.

Quand tu vois que ça marche pas aussi d’ailleurs, parce que tout ne se fait pas du premier coup. Des fois, tu te foires. Mais c’est normal, ça t’arriveras tout le temps. Mais de moins en moins. Enfin, normalement.

Moi aussi, je me fais encore avoir à acheter des trucs bien chers, ou qui ne me servent à que dalle. Mais en m’en rendant compte, j’ai surtout évité 10 fois plus d’achats compulsifs à la con.

3. Parce que tu fais les choses à l’envers

Tu te balades, tu vois un truc trooop choueeeette en vitrine, et paf, tu l’achètes sur un coup de tête.

Ou pire, dépenser ton argent est devenu un automatisme à lui-tout seul !
Tu vas vider ton compte parce que tu t’ennuies.
Parce que tu avais toujours l’habitude de faire du shopping les samedis après-midi quand t’étais plus jeune.
Parce que t’as suivi tes potes…

En fait, l’idéal c’est d’être dans la démarche inverse : d’abord savoir ce dont tu as besoin, et ensuite, trouver le produit à acheter.

Combien de gens me disent “viens, c’est les soldes, ça va être sympa !”
– Mais j’ai rien à acheter.
– Ouais mais c’est pas grave, c’est moins cher, faut en profiter !”

Sérieux, en quoi c’est moins cher d’acheter un truc dont t’avais pas besoin, même s’il est moins cher que d’habitude ?!?

Je vais même remonter d’un cran dans le principe, vers la base : t’as aussi besoin de connaître ton budget avant de le dépenser. Parce qu’on ne peut pas dépenser si on ne sait pas combien on gagne ou combien il nous reste dans la poche !

“Ah ben ouais, je le savais déjà ça, tu m’apprends rien.”

Super. Alors, pourquoi tu le fais pas ?

4. Parce que tu ne fais attention qu’au prix et tu te fous royalement du reste

Je te parlais des autres critères un peu plus haut. Tu sais, le reste qu’il faudrait vérifier avant d’acheter, mais comme tu sais pas trop quoi, ben, tu fais rien à ce niveau-là.

Ces critères, c’est quoi ?

  • Est-ce qu’il y a des coûts cachés que j’ai oublié ?
  • Combien ça va me coûter vraiment au bout de tant de temps ?
  • Est-ce que c’est bon pour ma santé ?
  • Est-ce que ça pollue ?
  • Est-ce que ça utilise des matières ou énergies renouvelables ?
  • Est-ce que ça participe au réchauffement de la planète ?
  • Est-ce que ça comporte des emballages inutiles ?
  • Est-ce que ça a été fabriqué éthiquement ?

“Oh, la vache ! Y’a trop de choses à savoir, là ! C’est galère ton truc, c’est bon, ça me gonfle ! J’ai pas envie de vérifier tout ça, j’y connais rien ! Et puis si on devait savoir tout ça, pourquoi on nous l’a pas appris avant ? Franchement, vaut mieux pas savoir, sinon on fait plus rien, quoi…”

 

Encore une fois, c’est des automatismes que t’as pas eu l’occasion d’apprendre. Normal, on évolue et on découvre des trucs tous les jours.

Moi aussi, ça me rendait dingue à l’idée de devoir prendre tout ça en compte à chaque fois que j’allais acheter une pomme. Mais en fait, c’est venu petit à petit. Les coûts, ça je maitrisais déjà. Le reste, comme je le disais dans mon premier article, ça m’a pris un an pour découvrir, m’informer, tester… Et c’est pas parfait, hein. Y’a pleins de trucs que je sais toujours pas, ou sur lesquels je me plante complètement !

Mais panique pas.

D’abord, il se trouve que t’es pas seul dans ce cas. Y’a pleins de communautés et d’associations qui se forment et qui s’entraident partout.

Ensuite, y’a des gens qui agissent pour toi contre les lobbies de grandes entreprises qui n’ont pas encore bien compris qu’il n’y avait pas que le fric dans la vie. Et typiquement, ça donne des trucs bien comme :
la loi de la transition énergétique
les étiquettes-énergie
l’étiquettage nutritionnel simplifié
l’étiquettage environnemental 
les labels pro-environnement
le global compact
– …

Une fois que tu les connais, et tu en as déjà assimilé certains sans même t’en rendre compte (les étiquettes-énergie par exemple). Alors, ok, oui, on peut toujours mieux faire, mais c’est une super base pour faire un gros paquet du boulot à ta place.

Y’a aussi des produits qui se développent pour t’aider, comme des packs de mesure d’analyse de l’air, des applis pour savoir où et comment consommer mieux, des détecteurs de pesticide de poche… Et même s’ils sont pas parfaits, et s’il faut tout de même faire le tri, ça devrait quand même bien t’aider à faire des meilleurs choix !

 

Et si t’es toujours paumé parce que les autres ont toujours pas fait le boulot à ta place, y’a 3 trucs simples à faire pour commencer à prendre en compte tout ça :

Choisis tes sujets. T’en as rien à faire de savoir si tes baskets ont été fabriquées par des enfants au Pakistan mais t’aimerais bien au moins manger bio plus souvent et pour pas trop cher ? Commence par revoir ton alimentation. Tu peux pas tout faire en même temps.

Fais quelques recherches. Parce que sans comprendre de quoi tu parles, ça va être compliqué. T’as pas besoin de devenir expert, mais tu vas sûrement découvrir un truc ou 2 qui va t’orienter. Et plus tu liras, plus tu assimileras, plus tu trouveras ça évident. Et donc facile.

Change d’habitude. Comme je l’ai dit plus haut, ton cerveau agit à ta place dans plus de 90% des cas. Donc, tout ce que t’as à faire, c’est lui faire prendre de nouvelles habitudes. Une fois qu’elles seront mises en place, t’y penseras même plus et tu trouveras même ça normal ! Promis, juré.

Je développerai une liste des outils qui peuvent t’aider dans un prochain article, et je parlerai du changement d’habitude aussi, parce qu’il y a de quoi s’étaler longtemps sinon !

En attendant, dis-moi si tu voudrais que je parle d’un sujet en particulier. Et abonne-toi à la newsletter si tu veux continuer à suivre les nouveaux articles !